Astronomie des Maisons
1. Définition astronomique
Observez la fig. ci-dessous. Elle représente la sphère locale. Son centre est l’œil de l’observateur, pour une latitude et une longitude terrestres données.

Ses principaux systèmes de coordonnées sont l’horizontale, plan que traverse l’axe ascendant-descendant (AS-DS) et la verticale, plan que traverse l’axe Zénith-Nadir. Le grand cercle passant par les points H/Z/H’/N représente le méridien du lieu d’observation. Le cercle passant par les points AS/MC/DS/MC représente l’écliptique.
Le demi-cercle AS/MC/DS représente l’arc diurne et le demi-cercle AS-FC/DS l’arc nocturne. En 24 h, le parcours apparent d’une planète dans la sphère locale est le suivant : tout d’abord, il se lève (passage au point AS), accomplit son premier semi-arc diurne (AS-MC), culmine au méridien supérieur (passage au point MC pour Milieu-du-Ciel), accomplit son second semi-arc diurne (MC-DS), se couche (passage au point DS pour Descendant). Il commence alors sa course au-dessous de l’horizon, parcourt successivement son premier (DS-FC) puis son second (FC-AS) semi-arc nocturne, en ayant dans l’intervalle culminé au méridien inférieur (passage au point FC pour Fond-du-Ciel).

L’opération qui consiste à déterminer quelles sont les positions planétaires dans la sphère locale s’appelle la domification. Il existe différents systèmes de domification.

Le plus répandu est celui de Placidus. Il est basé sur la tripartition des arcs semi-diurnes et semi-nocturnes, c’est-à-dire sur le Temps. Les Maisons diurnes sont en effet parcourues par les planètes en des temps égaux ; les Maisons nocturnes sont elles aussi parcourues par les planètes en des temps égaux, qui peuvent différer de celui des Maisons diurnes, étant donné que les durées de présence d’un astre au-dessus de l’horizon (Maisons diurnes) ou au-dessous (Maisons nocturnes) varient selon les époques de l’année et les latitudes terrestres. C’est donc le seul système de domification réaliste. C’est celui qu’utilise notre logiciel Astrosoft.
Il y a donc douze secteurs ou Maisons dans la sphère locale. Elles sont numérotées de I à XII dans le sens AS-FC-DS-MC, qui est celui du mouvement réel des planètes.

Système de placidus
Le système de Régiomontanus, préféré par une minorité d’astrologues, n’est pas basé sur le Temps, mais sur l’Espace. Il consiste à faire partager l’équateur en parties égales par des cercles de positions, quelle que soit la latitude géographique.

Système de Régiomontanus
Il existe quantité d’autres systèmes de domification plus ou moins compliqués et fantaisistes.
Les différents secteurs de la sphère locale sont donc les suivants :

Hémisphère diurne (au-dessus de l’horizon)
Hémisphère nocturne (au-dessous de l’horizon)

Hémisphère oriental
Hémisphère occidental

1er quadrant diurne (de l’AS au MC)
2e quadrant diurne (du MC au DS)
1er quadrant nocturne (du FC au FC)
2e quadrant nocturne (du FC à l’AS)
L’inclinaison du plan écliptique par rapport au plan horizontal varie en fonction des latitudes terrestres et des heures de la journée. Le lecteur qui souhaite plus d’informations sur ce sujet lira avec profit La cosmographie graphie appliquée à l’astrologie d’Y. Christiaen, Ed. Dervy, ou La domification et les transits de M. Duval, Ed. Traditionnelles.
D’un point de vue purement cosmographique, la division de la sphère locale en douze secteurs permet de déterminer quelle est la position des différentes planètes par rapport à l’horizon. Il faut savoir qu’étant donné que la plupart des planètes ayant des latitudes écliptiques (hauteur Nord ou Sud d’un astre par rapport au plan de l’écliptique), les Maisons n’indiquent précisément que la position du Soleil en Maisons. Pour connaître précisément les positions en Maisons de la Lune et des planètes, il est indispensable de calculer leur "domitude" - c’est ce que fait notre logiciel Astrosoft.
D’un point de vue astrologique, il reste à leur donner une signification précise...
2. Signification des Maisons
La nature des Maisons et les significations qui leur sont attribuées ne font pas, loin de là, l’unanimité chez les astrologues : "La réalité des Maisons ou secteurs de la sphère locale est indéfinie. S’agit-il de portions d’espace, de parties de temps (durées), de directions spatiales, de projections ? Cette indétermination explique la pluralité des systèmes proposés" (Jean-Pierre Nicola).
Sans apporter de réponse définitive à ces questions, l’astrologue J.P. Nicola a proposé un système original, basé sur les interactions entre le R.E.T. et le S.O.R.I. Ce système pose un certain nombre de problèmes.
Un autre astrologue, M. Lejbowicz, prenant pour hypothèse que les Maisons seraient des directions dans l’espace (voir fig. ci-dessous), a trouvé une analogie entre, d’une part l’axe Ascendant/Descendant et la dialectique du "Je" (introversion) et du "Tu" (extraversion), et d’autre part l’axe Milieu-du-Ciel/Fond-du-ciel et la dialectique du "Ils" (convergence des mondes du "Je" et du "Tu" dans le sens de l’expansion) et du "Nous" (convergence des mondes du "Je" et du "Tu" dans le sens de l’intensification), en précisant que "la qualification de ces directions ne peut-être pour l’instant qu’empirique et s’apparente à une symbolique ; mais elle est légitime dans la mesure où elle concorde avec la pratique astrologique et celle de disciplines diverses (graphologie, audio-phonologie, etc".

Dans cette hypothèse, les planètes à l’Ascendant fonctionneraient plutôt sur un mode "introverti", la nature de ces planètes révélant l’expression prioritaire et dominante du "moi-Je". Les planètes au Descendant hériteraient d’une fonction d’extraversion et nous renseigneraient sur la façon dont nous "tutoyons" l’Autre, le monde extérieur. Les planètes en culmination supérieure (MC) seraient en rapport avec notre domaine de plus grande expansion (le "Ils" de la vie socio-professionnelle, notre part la plus visible) et les planètes en culmination inférieure notre domaine de plus grande concentration (le "Nous" de la vie privée, intime où l’on se retrouve "en famille", par opposition à la pure extériorité du "Ils").
Les significations attribuées à chaque Maison sont induites par celles données à ces directions AS-MC et DS-FC. Ainsi, la Maison I nous renseignerait sur nos attitudes lorsque le "Je" est plus important que le "Nous" (l’auto-affirmation se fait au détriment des appartenances), la Maison II concernant l’égalité du "Je" et du "Nous" (auto-affirmation en interdépendance avec les appartenances), et la Maison III l’imprégnation par le "Je" des valeurs du "Nous" (tout en s’auto-affirmant, on se sent partie intégrante d’un ensemble clos), etc. Vous pouvez vous-même, en faisant appel à la logique interne de ce système, reconstituer les significations des autres Maisons (voir fig. 3).
Sans aller jusqu’à utiliser systématiquement ce système, vous pouvez ne retenir que les quatre angles (AS-MC-DS-FC) de la sphère locale pour vérifier par vous-même, expérimentalement, si ses grandes lignes du système "Je-Ils-Tu-Nous" sont pertinentes.
Dans une autre optique, on peut aussi considérer que les planètes situées dans les Maisons diurnes (de VII à XII) sont plus "extraverties" (diurne = excitation), et participent donc davantage de notre vie extérieure que les planètes en Maisons nocturnes (de I à VI), plus "introverties" (nocturne = inhibition), davantage axées sur la vie intérieure, intime ou privée.

3. L’importance des Maisons
Tout d’abord, vous pouvez vous apercevoir que nous ne savons pas grand-chose de certain sur la nature et les significations des Maisons. Deux raisons majeures expliquent peut-être cet état de fait. La première est que les secteurs de la sphère locale n’ont d’autres significations que symboliques ou imaginaires. La seconde est que l’influence des Maisons est si faible et si subtile qu’il est extrêmement difficile de la déterminer et d’en discourir sans la trahir. C’est probablement la seconde raison qui est la bonne... mais pour l’instant, le mystère reste épais.
Quelle que soit la raison, l’importance des Maisons ne doit donc pas être surestimée. Si elles n’ont aucune signification réelle, cela va de soi. Si elles en ont une, ce qui est probable, elle est à l’heure actuelle encore voilée et énigmatique. Dans l’interprétation d’un thème, il vaut mieux donc évoquer "en pointillés" la signification des Maisons, pour éviter de trahir le réel avec de fausses explications.
Exagérer l’importance des Maisons peut même aboutir à de parfaits contresens. Prenons l’exemple du système de significations des Maisons ici proposé : un Jupiter à l’Ascendant agira de toutes façons sur les quatre plans "Je-Tu-Ils-Nous". Si dans le même thème Saturne se trouve au Descendant, vous commettriez une grave erreur d’interprétation en pensant que le Sujet sera saturnien dans son "tutoiement" du monde extérieur (Maison VII) et jupitérien dans son auto-affirmation (Maison I). Une dominante jupitérienne implique que l’on fonctionnera en jupitérien en amour comme en affaires, en voyage comme chez soi, avec ses frères comme avec ses amis. Il en va de même pour toute planète qui domine dans le thème et dans le vécu, quelle que soit sa position en Maison.
Si vous tenez absolument à interpréter des thèmes en tenant compte d’un système de signification des Maisons ou des quatre "angles" de la sphère locale, quel qu’il soit, vous ne risquerez pas de vous tromper si vous étudiez à fond et prioritairement les configurations planétaires et zodiacales. Dans un deuxième temps, vous pourrez toujours prudemment, à titre expérimental, intégrer dans votre interprétation une petite dose de Maisons... en attendant qu’un jour, l’astrologie accouche enfin d’un système cohérent et réaliste pour rendre compte des significations des secteurs de la sphère locale.


